2.7. Allouer l'espace disque

Il existe quatre manières pour allouer l'espace disque pour FreeBSD. Le partionnement guidé (Guided) fixe automatiquement les partitions disque, alors que le partionnement manuel (Manual) permet aux utilisateurs avancés de créer des partitions sur mesures. L'option ZFS, disponible uniquement sous FreeBSD 10 et versions suivantes, créera un système de fichiers racine sur ZFS optionnel avec support pour les différents environnements de démarrage. Enfin, il y a la possibilité de lancer un interpréteur de commandes dans lequel les programmes en ligne de commande comme gpart(8), fdisk(8), et bsdlabel(8) pourront être utilisés directement.

Figure 2.11. Sélection du partitionnement guidé, manuel ou via l'interpréteur de commandes
Sélection du partitionnement guidé, manuel ou via l'interpréteur de commandes

Figure 2.12. Choix de partionnement sous FreeBSD 10.X et versions ultérieures
Choix de partionnement sous FreeBSD 10.X et versions ultérieures

Cette section décrit ce qui doit être pris en compte lors du partitionnement du disque. Elle montre ensuite comment utiliser les différentes méthodes de partionnement.

2.7.1. Choix du partitionnement

Lors du partionnement, il faut garder à l'esprit que les disques durs transfèrent les données plus rapidement depuis les pistes extérieures que depuis les pistes intérieures. Aussi, les systèmes de fichiers plus petits et très sollicités devraient être positionnés vers l'extérieur du disque, alors que les partitions plus grandes comme /usr devraient être placées vers l'intérieur du disque. C'est une bonne idée de créer les partitions dans l'ordre suivant: /, espace de pagination, /var, et /usr.

La taille de la partition /var reflète l'utilisation prévue de la machine. Cette partition est utilisée pour contenir les boîtes aux lettres de messagerie, les fichiers journaux, et les queues d'impression. Les boîtes aux lettres et les fichiers journaux peuvent croître jusqu'à atteindre des tailles inattendues en fonction du nombre d'utilisateurs et combien de temps sont conservés les fichiers journaux. En moyenne, la plupart des utilisateurs n'auront rarement besoin de plus d'un gigaoctet d'espace disque pour /var.

Note:

Parfois, beaucoup d'espace disque est nécessaire pour /var/tmp. Quand de nouveaux logiciels sont installés, les outils de paquetage extraient une copie temporaire des paquetages dans /var/tmp. Les logiciels importants comme Firefox, Apache OpenOffice ou LibreOffice peuvent être délicats à installer si l'espace disque dans /var/tmp n'est pas suffisant.

La partition /usr contient beaucoup de fichiers nécessaires au système, dont le catalogue des logiciels portés de FreeBSD et le code source du système. Au moins 2 gigaoctets sont recommandés pour cette partition.

Lors du choix de la taille des partitions, gardez à l'esprit les besoins en espace. Manquer d'espace sur une partition alors qu'une autre est à peine utilisée peut être très frustrant.

Par principe, votre espace de pagination devrait typiquement avoir une taille double de la quantité de mémoire physique (RAM). Les systèmes avec peu de mémoire RAM pourront avoir de meilleures performances avec beaucoup plus d'espace de pagination. Configurer trop peu d'espace de pagination peut conduire à une certaine inefficacité du code de pagination de la mémoire virtuelle (VM) et peut être à l'origine de problèmes ultérieurement si vous ajoutez plus de mémoire à votre système.

Sur des systèmes importants avec de multiples disques SCSI ou de multiples disques IDE fonctionnant sur différents contrôleurs, il est vivement recommandé que vous configuriez un espace de pagination sur chaque disque, jusqu'à quatre disques. Les partitions de pagination sur les différents disques devront avoir approximativement la même taille. Le noyau peut gérer des tailles arbitraires mais les structures de données internes sont dimensionnées pour 4 fois la taille de la plus grande partition de pagination. Garder la taille des partitions de pagination proche permettra au noyau de répartir de manière optimale l'espace de pagination entre les disques. Des espaces de pagination importants ne sont pas problématiques, même s'ils sont peu utilisés. Il peut être plus simple de récupérer la main face un programme incontrôlable avant d'être forcé à redémarrer la machine.

En partitionnant correctement votre système, la fragmentation introduite sur les partitions plus petites et plus chargées en écriture ne s'étendra pas sur les partitions principalement utilisées en lecture. De plus, avoir les partitions principalement utilisées en écriture proche du bord du disque augmentera les performances d'E/S sur les partitions qui le demandent le plus. Bien qu'il soit nécessaire d'avoir de bonnes performances d'E/S sur les grandes partitions, les déplacer plus vers l'extérieur du disque ne donnera pas lieu à une augmentation significative des performances alors que le déplacement de performances alors que le déplacement de /var vers le bord peut avoir un sérieux impact.

2.7.2. Partitionnement guidé

Si plusieurs disques sont connectés, choisissez celui sur lequel FreeBSD doit être installé.

Figure 2.13. Sélection parmi plusieurs disques
Sélection parmi plusieurs disques

L'intégralité ou une portion du disque peut être allouée pour FreeBSD. Si [ Entire Disk ] est sélectionné, une partition recouvrant la totalité du disque est créée. Sélectionner [ Partition ] créé une partition dans l'espace inutilisé du disque.

Figure 2.14. Sélection de l'intégralité du disque ou d'une partition
Sélection de l'intégralité du disque ou d'une partition

Une fois les partitions créés, vérifiez attentivement le résultat. Si une erreur a été faite, sélectionner [ Revert ] permettra de revenir au partionnement de départ, ou [ Auto ] créera les partitions FreeBSD automatiquement. Les partitions peuvent être créées, modifiées, ou supprimées manuellement. Quand le partionnement est correct, sélectionner [ Finish ] pour poursuivre l'installation.

Figure 2.15. Vérification des partitions créés
Vérification des partitions créés

2.7.3. Partitionnement manuel

Le partionnement manuel envoie directement dans l'éditeur de partitions.

Figure 2.16. Créer manuellement les partitions
Créer manuellement les partitions

Sélectionner un disque (ada0 dans cet exemple) et [ Create ] permet d'afficher un menu pour le choix du type de table de partitionnement.

Figure 2.17. Créer manuellement les partitions
Créer manuellement les partitions

Le partionnement GPT est généralement le choix le plus approprié pour les ordinateurs de type PC. Les systèmes d'exploitation anciens ne sont pas compatibles avec GPT et peuvent nécessiter à la place un partitionnement de type MBR. Les autres systèmes de partitionnement sont en général utilisés pour les ordinateurs anciens ou particuliers.

Tableau 2.1. Tables de partitionnement
AbbréviationDescription
APMTable de partition Applie, utilisée par le Macintosh® PowerPC® (http://support.apple.com/kb/TA21692).
BSDPartitions BSD (BSD Labels) sans MBR, parfois appelé dangerously dedicated mode ou « mode dédié ». Consulter la page de manuel bsdlabel(8).
GPTTable de partition GUID (http://en.wikipedia.org/wiki/GUID_Partition_Table").
MBRMaster Boot Record (http://en.wikipedia.org/wiki/Master_boot_record").
PC98Variante du MBR, utilisée par les ordinateurs de type NEC PC-98 (http://en.wikipedia.org/wiki/Pc9801).
VTOC8Volume Table Of Contents utilisé par les ordinateurs Sun SPARC64 et UltraSPARC.

Après avoir choisi et créé le partitionnement, sélectionner à nouveau [ Create ] créera les nouvelles partitions.

Figure 2.18. Créer manuellement les partitions
Créer manuellement les partitions

Une installation standard de FreeBSD avec GPT utilise au moins trois partitions:

Partitionnement GPT standard sous FreeBSD
  • freebsd-boot - Code de démarrage FreeBSD.

  • freebsd-ufs - Un système de fichiers UFS FreeBSD.

  • freebsd-swap - Espace de pagination pour FreeBSD.

Un autre type de partition qui vaut la peine d'être mentionné freebsd-zfs, employé pour des partitions qui contiendront un système de fichiers FreeBSD ZFS. Voir Chapitre 20, The Z File System (ZFS) ** Traduction en Cours **. La page de manuel gpart(8) liste d'autres types de partitions disponibles pour GPT.

Des partitions avec plusieurs systèmes de fichiers peuvent être utilisées, certaines personnes peuvent préférer une organisation plus traditionnelle avec des partitions séparées pour les systèmes de fichiers /, /var, /tmp, et /usr. Consulter Exemple 2.1, « Création d'un système traditionnel de partitions pour systèmes de fichiers séparés », pour un exemple.

Les tailles peuvent être entrées avec les abréviations courantes: K for kilooctet, M pour mégaoctets, ou G pour gigaoctets.

Astuce:

Un alignement correct des secteurs sur le disque permet de meilleures performances, et créer des partitions de tailles multiples de 4K permet de s'assurer de l'alignement sur les disques à secteur de 512 octets ou 4 Koctets. Généralement, employer des tailles de partition qui sont des multiples d'1M ou 1G est le moyen le plus simple de garantir que chaque partition débute sur un multiple de 4K. Une exception: à présent, la partition freebsd-boot ne devrait pas dépasser 512K en raison de limitations du code de démarrage.

Un point de montage est nécessaire si cette partition contiendra un système de fichiers. Si une seule partition UFS unique sera créée, le point de montage devra être /.

Un label est également demandé. Un label (ou étiquette) est le nom par lequel la partition sera connue. Les noms ou numéros de disques peuvent varier si le disque est connecté à un contrôleur ou port différent, mais le label de partition ne changera pas. Se référer aux labels plutôt qu'aux noms de disques et numéros de partitions dans les fichiers comme /etc/fstab rend le système plus tolérant aux changements de matériel. Les labels GPT apparaissent dans le répertoire /dev/gpt/ lorsqu'un disque est attaché au système. Les autres systèmes de partitionnement présentent d'autres possibilités au niveau des labels, et leur labels apparaissent sous différentes répertoires dans /dev/.

Astuce:

Employez un label unique pour chaque système de fichiers pour éviter les conflits avec les labels identiques. Quelques lettres du nom du l'ordinateur, de son rôle, ou de son emplacement peuvent être ajoutées au label. Par exemple, labroot ou rootfs-lab pour la partition UFS racine de l'ordinateur du laboratoire.

Exemple 2.1. Création d'un système traditionnel de partitions pour systèmes de fichiers séparés

Pour une organisation traditionnelle de partitions dans laquelle les répertoires /, /var, /tmp, et /usr sont des systèmes de fichiers séparés ayant chacun leur propre partition, créer une table de partition GPT, puis créer les partitions comme montré ci-après. Les tailles de partitions indiquées sont celles typiques pour un disque de 20G. Si plus d'espace est disponible sur le disque cible, une partition de pagination ou une partition /var plus importantes peuvent être utiles. Les labels utilisés ici sont préfixés par ex pour « exemple », mais le lecteur peut utiliser un autre label unique comme décrit plus haut.

Par défaut, le programme gptboot de FreeBSD s'attend à ce que la première partition UFS trouvée soit la partition /.

Type de partitionTaillePoint de montageLabel
freebsd-boot512K  
freebsd-ufs2G/exrootfs
freebsd-swap4G exswap
freebsd-ufs2G/varexvarfs
freebsd-ufs1G/tmpextmpfs
freebsd-ufsvaleur proposée par défaut (le reste du disque)/usrexusrfs

Après la création des partitions, sélectionnez [ Finish ] pour poursuivre l'installation.

2.7.4. Partitionnement automatique avec la racine du système de fichiers sur ZFS

Le support pour la création automatique d'installations avec la racine du système de fichiers sur ZFS a été ajouté dans FreeBSD 10.0-RELEASE. Ce mode de partitionnement ne fonctionne qu'avec des disques entiers et effacera le contenu du disque entier. Le programme d'installation créera automatiquement des partitions de tailles alignées sur des multiples de 4k et forcera ZFS à utiliser des secteurs de 4k. Cela est sans risque même pour les disques avec des secteurs de 512 octets, et a l'avantage de s'assurer que les pools créés sur des disques à secteurs de 512 octets pourront se voir, dans le futur, adjoindre des disques à secteurs 4k, soit en tant qu'espace de stockage supplémentaire soit en tant que remplacement de disques défectueux. Le programme d'installation peut également utiliser en option le chiffrement du disque GELI comme décrit dans la Section 18.16.2, « Chiffrage des disques avec geli ». Si le chiffrement est activé, un pool de démarrage non-chiffré de 2 Go contenant le répertoire /boot est créé. Il contient le noyau et les autres fichiers nécessaires au démarrage du système. Une partition d'espace de pagination d'une taille réglable par l'utilisateur est également créée, et le reste de l'espace disque est utilisé pour le pool ZFS.

Le menu principal de configuration ZFS présente plusieurs options pour contrôler la création du pool.

Figure 2.19. Menu de partionnement ZFS
Menu de partionnement ZFS

Sélectionner T pour configurer le Pool Type et le ou les disques qui constitueront le pool. Le programme d'installation automatique ZFS ne supporte actuellement que la création d'un seul périphérique virtuel de niveau supérieur (« top level vdev »), en dehors du mode stripe (un seul disque ou concaténation de plusieurs disques). Pour créer des pools plus complexes, utiliser les instructions de la Section 2.7.5, « Partitionnement à partir de l'interpréteur de commandes » pour créer le pool. Le programme d'installation supporte la création de différents types de pool dont le mode stripe (non recommandé, pas de redondance), le mode miroir (meilleure performance, moins d'espace disque utilisable), et les modes RAID-Z 1, 2, et 3 (avec la capacité à supporter la panne concourante de 1, 2 et 3 disques respectivement). Lors de la sélection du type de pool, une information est affichée au bas de l'écran avec un conseil sur le nombre de disques nécessaire, et dans le cas du mode RAID-Z, le nombre optimal de disques pour chaque configuration.

Figure 2.20. Type de pool ZFS
Type de pool ZFS

Une fois que le Pool Type a été sélectionné, la liste des disques disponibles est affichée, et l'utilisateur est invité à choisir un ou plusieurs disques pour former le pool. La configuration doit être alors validée pour s'assurer que suffisamment de disques ont été sélectionnés. Si ce n'est pas le cas, sélectionner <Change Selection> pour retourner à la liste des disques, ou <Cancel> pour changer de type de pool.

Figure 2.21. Sélection de disques
Sélection de disques

Figure 2.22. Sélection non-valide
Sélection non-valide

Si un ou plusieurs disques manquent sur la liste, ou si des disques ont été ajoutés après le lancement du programme d'installation, sélectionner - Rescan Devices pour repeupler la liste des disques disponibles. Pour éviter d'effacer par accident le mauvais disque, le menu - Disk Info peut être utilisé pour inspecter chaque disque, y compris sa table des partitions et plusieurs autres informations comme le modèle de disque et son numéro de série si disponibles.

Figure 2.23. Analyse d'un disque
Analyse d'un disque

Le menu de configuration principal de ZFS permet également à l'utilisateur d'entrer un nom de pool, désactiver le forçage des secteurs de 4k, activer ou désactiver le chiffrement, basculer entre les types de partitionnement GPT (recommandé) et MBR, et sélectionner la quantité d'espace de pagination. Une fois que toutes les options ont été configurées aux valeurs désirées, sélectionner l'option >>> Install en haut du menu.

Si le chiffrement GELI du disque a été activé, le programme d'installation demandera deux fois le mot de passe à utiliser pour chiffrer les disques.

Figure 2.24. Mot de passe de chiffrement des disques
Mot de passe de chiffrement des disques

Le logiciel d'installation propose alors une dernière chance d'annuler les modifications avant que le contenu des disques sélectionnés ne soit détruit pour créer le pool ZFS.

Figure 2.25. Dernière chance
Dernière chance

L'installation se poursuit alors normalement.

2.7.5. Partitionnement à partir de l'interpréteur de commandes

Dans le cas d'installations complexes, les menus de partitionnement de bsdinstall peuvent ne pas proposer le niveau de flexibilité recherché. Les utilisateurs expérimentés peuvent sélectionner l'option Shell à partir du menu de partitionnement afin de partitionner manuellement les disques, de créer le ou les systèmes de fichiers, d'éditer /tmp/bsdinstall_etc/fstab, et de monter les systèmes de fichiers sous /mnt. Une fois cela fait, taper exit pour retourner dans bsdinstall et poursuivre l'installation.

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