18.12. Sauvegardes

Les trois principaux programmes de sauvegarde sont: dump(8), tar(1), et cpio(1).

18.12.1. Dump et Restore

dump(8) et restore(8) sont les programmes de sauvegarde traditionnels d'UNIX®. Ils opèrent sur le disque comme sur une suite de blocs disque, en dessous du niveau d'abstraction que constituent les fichiers, liens et répertoires créés par les systèmes de fichiers. Le programme dump(8) sauvegarde l'intégralité d'un système de fichiers d'un périphérique. Il est incapable de sauvegarder seulement une partie d'un système de fichiers ou une arborescence de répertoires s'étalant sur plus d'un système de fichiers. Le programme dump(8) n'écrit pas de fichiers ou des répertoires sur la bande, mais écrit plutôt les blocs de données brutes dont sont constitués les fichiers et les répertoires.

Note:

Si vous utilisez dump(8) sur votre répertoire racine, vous ne sauvegarderez pas /home, /usr ou beaucoup d'autres répertoires puisque que ces derniers sont généralement des points de montages pour d'autres systèmes de fichiers ou des liens symboliques vers ces systèmes de fichiers.

L'utilitaire dump(8) a quelques particularités datant de ses débuts sous la version 6 d'AT&T UNIX (circa 1975). Les paramètres par défaut conviennent aux bandes 9 pistes (6250 bpi), et non aux supports à haute densité d'aujourd'hui (jusqu'à 62182 ftpi). Il faut surcharger ces valeurs par défaut sur la ligne de commande pour utiliser la capacité des bandes actuelles.

Il est également possible de sauvegarder les données par l'intermédiaire d'un réseau sur un lecteur de bande se trouvant sur une autre ordinateur à l'aide des commandes rdump et rrestore. Ces deux programmes utilisent rcmd(3) et ruserok(3) pour accéder à l'unité de bandes distante. Cependant, l'utilisateur effectuant une sauvegarde doit être présent dans le fichier .rhosts sur la machine distante. Les arguments de rdump(8) et rrestore(8) doivent être compatibles avec une utilisation sur la machine distante. Quand on sauvegarde une machine FreeBSD sur un lecteur Exabyte installé sur un ordinateur Sun appelé komodo, utilisez:

# /sbin/rdump 0dsbfu 54000 13000 126 komodo:/dev/nsa8 /dev/da0a 2>&1

Attention: il y a des conséquences pour la sécurité à utiliser l'authentification .rhosts. Evaluez soigneusement votre situation.

Il est également possible d'utiliser dump(8) et restore(8) d'une façon plus sécurisée sur ssh(1).

Exemple 18.1. Utiliser dump(8) sur ssh
# /sbin/dump -0uan -f - /usr | gzip -2 | ssh -c blowfish \
          targetuser@targetmachine.example.com dd of=/mybigfiles/dump-usr-l0.gz

Ou en utilisant une fonction interne de dump, positionner la variable d'environnement RSH:

Exemple 18.2. Utiliser dump sur ssh avec la variable RSH positionnée
# RSH=/usr/bin/ssh /sbin/dump -0uan -f targetuser@targetmachine.example.com:/dev/sa0 /usr

18.12.2. tar

Le programme tar(1) date aussi de la Version 6 d'AT&T UNIX (circa 1975). tar(1) travaille en coopération avec le système de fichiers; il permet d'écrire des fichiers et des répertoires sur bandes. tar(1) ne supporte pas toutes les options permises par cpio(1), mais ne demande pas l'inhabituelle concaténation de commandes qu'utilise cpio(1)

Sous FreeBSD 5.3 et versions suivantes, GNU tar et la version par défaut bsdtar sont disponibles. La version GNU peut être invoquée avec la commande gtar. Elle supporte les sauvegardes sur des périphériques distants et cela avec la même syntaxe que rdump(8). Pour sauvegarder avec tar(1) sur une unité Exabyte connectée sur une machine Sun appelée komodo, utilisez:

# /usr/bin/gtar cf komodo:/dev/nsa8 . 2>&1

La même opération peut être effectuée avec bsdtar en utilisant un tuyau et rsh(1) pour envoyer les données sur un lecteur de bande distant:

# tar cf - . | rsh hostname dd of=tape-device obs=20b

Si vous êtes inquiet au sujet de la sécurité de sauvegardes par réseau, vous devriez utiliser la commande ssh(1) à la place de rsh(1).

18.12.3. cpio

cpio(1) est le programme UNIX® original pour l'échange de fichiers par bandes magnétiques. cpio(1) dispose d'options (parmi beaucoup d'autres) pour intervertir les octets, utiliser de nombreux différents formats, et envoyer les données à d'autres programmes. Cette dernière caractéristique fait de cpio(1) un excellent choix pour les supports d'installation. cpio(1) ne sait pas parcourir une arborescence de répertoires et il faut lui passer la liste des fichiers via stdin.

cpio(1) ne supporte pas les sauvegardes par le réseau. Vous pouvez utiliser un tuyau et rsh(1) pour envoyer les données sur un lecteur de bande distant:

# for f in directory_list; do
find $f >> backup.list
done
# cpio -v -o --format=newc < backup.list | ssh user@host "cat > backup_device"

directory_list est la liste des répertoires que vous désirez sauvegarder, user@host est l'ensemble utilisateur/nom de machine qui effectuera les sauvegardes, et backup_device représente l'unité où seront écrites les sauvegardes (e.g., /dev/nsa0).

18.12.4. pax

pax(1) est la réponse IEEE/POSIX® à tar(1) et cpio(1). Au fil des ans les différentes versions de tar(1) et cpio(1) sont devenues légèrement incompatibles. Aussi, plutôt que de batailler pour les standardiser entièrement, POSIX® a défini un nouvel utilitaire d'archivage. pax(1) tente de lire et d'écrire nombre des divers formats tar(1) et cpio(1), en plus de ses propres nouveaux formats. Son ensemble de commandes ressemble plus à celui de cpio(1) qu'à celui de tar(1).

18.12.5. Amanda

Amanda (Advanced Maryland Network Disk Archiver—Système Avancé d'Archivage de Disques en Réseau du Maryland) est un système d'archivage client/serveur plutôt qu'un simple programme. Un serveur Amanda archivera sur une seule unité de bandes un nombre quelconque d'ordinateurs disposant de clients Amanda et un accès réseau au serveur Amanda. Un problème classique sur les sites qui ont de nombreux disques volumineux est que le temps nécessaire pour sauvegarder directement les données sur la bande dépasse le temps alloué à cette tâche. Amanda résout ce problème. Amanda peut utiliser un “disque intermédiaire” pour sauvegarder plusieurs systèmes de fichiers à la fois. Amanda des “jeux d'archive”: un ensemble de bandes utilisé pour une période donnée pour créer une sauvegarde complète de tous les systèmes de fichiers listé dans le fichier de configuration d'Amanda. Le “jeu d'archive” contient également les sauvegardes nocturnes incrémentales (ou différentielles) de tous les systèmes de fichiers. Pour restaurer une système de fichiers endommagé, il faut la sauvegarde complète la plus récente et les sauvegardes incrémentales.

Le fichier de configuration permet un contrôle en finesse des sauvegardes et du trafic réseau qu'Amanda génère. Amanda utilisera n'importe quel des programmes de sauvegarde décrits plus haut pour écrire les données sur bande. Amanda est disponible sous forme de logiciel porté ou de logiciel pré-compilé, il n'est pas installé par défaut.

18.12.6. Ne rien faire

“Ne rien faire” n'est pas un logiciel, mais c'est la stratégie de sauvegarde la plus utilisée. Il n'y a aucun investissement initial. Il n'y a pas de de planification des sauvegardes à suivre. Juste dire non. Si quelque chose arrive à vos données, souriez et débrouillez-vous!

Si votre temps et vos données ne valent pas grand chose, alors “Ne rien faire” est le programme de sauvegarde le mieux adapté à votre ordinateur. Mais prenez garde, UNIX® est un outil utile, et vous pouvez vous rendre compte au bout de six mois que vous disposez d'une collection de fichiers qui vous sont utiles.

“Ne rien faire” est la bonne méthode de sauvegarde pour /usr/obj et les autres répertoires qui peuvent facilement être recréés par votre ordinateur. Un exemple est les fichiers qui constituent la version HTML ou PostScript® de ce manuel. Ces fichiers ont été générés à partir de fichiers SGML. Faire des sauvegardes des fichiers HTML ou PostScript® n'est pas nécessaire. Les fichiers source SGML sont sauvegardés régulièrement.

18.12.7. Quel est le meilleur programme de sauvegarde?

dump(8) Point. Elizabeth D. Zwicky a soumis à rude épreuve tous les programmes de sauvegarde dont nous avons parlé. Le choix de dump(8) s'impose pour préserver toutes vos données et les particularités des systèmes de fichiers UNIX®. Elizabeth a créé des systèmes de fichiers avec une grande variété de particularités inhabituelles (et quelques unes pas tellement inhabituelles) et a testé chacun des programmes en faisant une sauvegarde et une restauration de ces systèmes de fichiers. Parmi les spécificités testées: fichiers avec des trous, fichiers avec des trous et des blocs de caractères “null”, fichiers dont les noms comportent des caractères inhabituels, les fichiers illisibles ou impossible à modifier, les périphériques, fichiers dont la taille change pendant la sauvegarde, fichiers créés ou détruits en cours de sauvegarde et bien plus. Elle a présenté les résultats de ces tests au LISA V en Octobre 1991. Voir les tests d'endurance des programmes de sauvegarde et d'archivage.

18.12.8. Procédure de restauration d'urgence

18.12.8.1. Avant le désastre

Il y a quatre étapes à mettre en oeuvre en prévision d'un désastre éventuel.

Tout d'abord, imprimez le label de chacun de vos disques (par exemple bsdlabel da0 | lpr), votre table des systèmes de fichiers (/etc/fstab) et tous les messages de démarrage, en deux exemplaires.

Deuxièmement, vérifiez que vos disquettes de démarrage et de reprise d'urgence (boot.flp et fixit.flp) incluent tous vos périphériques. La méthode la plus simple pour vérifier est de redémarrer avec la disquette de démarrage dans le lecteur et contrôler les messages de démarrage. Si tous vos périphériques sont listés et opérationnels, passez à la troisième étape.

Sinon, vous devez créer deux disquettes de démarrage sur-mesure avec un noyau qui puisse monter tous vos disques et accéder à votre unité de bandes. Ces disquettes doivent contenir: fdisk(8), bsdlabel(8), newfs(8), mount(8), et le programme de sauvegarde que vous utilisez. L'édition de liens de ces programmes doit être statique. Si vous utilisez dump(8), la disquette doit contenir restore(8).

Troisièmement, faites régulièrement des sauvegardes sur bandes. Toutes les modifications effectuées après votre dernière sauvegarde peuvent irrémédiablement perdues. Protégez vos bandes de sauvegarde en écriture.

Quatrièmement, testez les disquettes (soit boot.flp et fixit.flp soit les deux disquettes sur-mesure que vous avez créées à la seconde étape) et vos bandes de sauvegarde. Prenez note de la procédure. Conservez ces notes avec la disquette de démarrage, les impressions et les bandes de sauvegarde. Vous serez si préoccupé quand vous devrez restaurer que ces notes peuvent vous éviter de détruire vos bandes de sauvegarde (Comment? Au lieu de tar xvf /dev/sa0, vous pourriez taper accidentellement tar cvf /dev/sa0, ce qui écraserait votre bande de sauvegarde).

Par mesure de sécurité, créez une disquette de démarrage et deux bandes de sauvegarde à chaque fois. Conservez-les dans un lieu éloigné. Un endroit éloigné n'est PAS le sous-sol du même bâtiment. Un certain nombre de compagnies du World Trade Center l'ont appris à leurs dépends. Un endroit éloigné doit être physiquement séparé de vos ordinateurs et de vos disques par une distance significative.

Exemple 18.3. Procédure de création d'une disquette de démarrage
#!/bin/sh
#
# create a restore floppy
#
# format the floppy
#
PATH=/bin:/sbin:/usr/sbin:/usr/bin

fdformat -q fd0
if [ $? -ne 0 ]
then
	 echo "Bad floppy, please use a new one"
	 exit 1
fi

# place boot blocks on the floppy
#
bsdlabel -w -B /dev/fd0c fd1440

#
# newfs the one and only partition
#
newfs -t 2 -u 18 -l 1 -c 40 -i 5120 -m 5 -o space /dev/fd0a

#
# mount the new floppy
#
mount /dev/fd0a /mnt

#
# create required directories
#
mkdir /mnt/dev
mkdir /mnt/bin
mkdir /mnt/sbin
mkdir /mnt/etc
mkdir /mnt/root
mkdir /mnt/mnt			# for the root partition
mkdir /mnt/tmp
mkdir /mnt/var

#
# populate the directories
#
if [ ! -x /sys/compile/MINI/kernel ]
then
	 cat &lt;&lt; EOM
The MINI kernel does not exist, please create one.
Here is an example config file:
#
# MINI - A kernel to get FreeBSD onto a disk.
#
machine         "i386"
cpu             "I486_CPU"
ident           MINI
maxusers        5

options         INET                    # needed for _tcp _icmpstat _ipstat
                                        #            _udpstat _tcpstat _udb
options         FFS                     #Berkeley Fast File System
options         FAT_CURSOR              #block cursor in syscons or pccons
options         SCSI_DELAY=15           #Be pessimistic about Joe SCSI device
options         NCONS=2                 #1 virtual consoles
options         USERCONFIG              #Allow user configuration with -c XXX

config          kernel	root on da0 swap on da0 and da1 dumps on da0

device          isa0
device          pci0

device          fdc0	at isa? port "IO_FD1" bio irq 6 drq 2 vector fdintr
device          fd0	at fdc0 drive 0

device          ncr0

device          scbus0

device          sc0	at isa? port "IO_KBD" tty irq 1 vector scintr
device          npx0	at isa? port "IO_NPX" irq 13 vector npxintr

device          da0
device          da1
device          da2

device          sa0

pseudo-device   loop            # required by INET
pseudo-device   gzip            # Exec gzipped a.out's
EOM
	 exit 1
fi

cp -f /sys/compile/MINI/kernel /mnt

gzip -c -best /sbin/init > /mnt/sbin/init
gzip -c -best /sbin/fsck > /mnt/sbin/fsck
gzip -c -best /sbin/mount > /mnt/sbin/mount
gzip -c -best /sbin/halt > /mnt/sbin/halt
gzip -c -best /sbin/restore > /mnt/sbin/restore

gzip -c -best /bin/sh > /mnt/bin/sh
gzip -c -best /bin/sync > /mnt/bin/sync

cp /root/.profile /mnt/root

cp -f /dev/MAKEDEV /mnt/dev
chmod 755 /mnt/dev/MAKEDEV

chmod 500 /mnt/sbin/init
chmod 555 /mnt/sbin/fsck /mnt/sbin/mount /mnt/sbin/halt
chmod 555 /mnt/bin/sh /mnt/bin/sync
chmod 6555 /mnt/sbin/restore

#
# create the devices nodes
#
cd /mnt/dev
./MAKEDEV std
./MAKEDEV da0
./MAKEDEV da1
./MAKEDEV da2
./MAKEDEV sa0
./MAKEDEV pty0
cd /

#
# create minimum file system table
#
cat &lt; /mnt/etc/fstab &lt;&lt;EOM
/dev/fd0a    /    ufs    rw  1  1
EOM

#
# create minimum passwd file
#
cat &lt; /mnt/etc/passwd &lt;&lt;EOM
root:*:0:0:Charlie &amp;:/root:/bin/sh
EOM

cat &lt; /mnt/etc/master.passwd &lt;&lt;EOM
root::0:0::0:0:Charlie &amp;:/root:/bin/sh
EOM

chmod 600 /mnt/etc/master.passwd
chmod 644 /mnt/etc/passwd
/usr/sbin/pwd_mkdb -d/mnt/etc /mnt/etc/master.passwd

#
# umount the floppy and inform the user
#
/sbin/umount /mnt
echo "The floppy has been unmounted and is now ready."

18.12.8.2. Après le désastre

La question cruciale est: votre matériel a-t-il survécu? Vous avez régulièrement fait des sauvegardes, vous n'avez donc pas besoin de vous inquiéter pour les fichiers et les programmes.

Si le matériel a subi des dégâts, remplacez tout d'abord ce qui a été endommagé avant de tenter d'utiliser l'ordinateur.

Si votre matériel est en état, contrôlez vos disquettes. Si vous utilisez une disquette de démarrage personnalisée, démarrez en mode mono-utilisateur (tapez -s à l'invite boot:). Sautez le paragraphe suivant.

Si vous utilisez les disquettes boot.flp et fixit.flp, continuez à lire. Mettre la disquette boot.flp dans le premier lecteur et démarrez l'ordinateur. Le menu d'installation d'origine s'affiche à l'écran. Choisissez l'option Fixit--Repair mode with CDROM or floppy.. Insérez la disquette fixit.flp quand on vous la demande. restore(8) et les autres programmes dont vous avez besoin sont situés dans le répertoire /mnt2/rescue (/mnt2/stand pour les versions de FreeBSD antérieures à la 5.2).

Restaurez chaque système de fichiers séparément.

Essayez mount(8) (e.g. mount /dev/da0a /mnt) sur la partition racine de votre premier disque. Si le label du disque est endommagé, utilisez bsdlabel(8) pour repartitionner et libeller le disque conformément au label que vous avez imprimé et mis de côté. Utilisez newfs(8) pour recréer les systèmes de fichiers. Remontez la partition racine de la disquette en lecture/écriture (mount -u -o rw /mnt). Utilisez votre programme de restauration et vos bandes de sauvegardes pour restaurer les données de ce système de fichiers (e.g. restore vrf /dev/sa0). Démontez le système de fichiers (e.g. umount /mnt). Répétez l'opération pour chacun des systèmes de fichiers endommagés.

Une fois que le système fonctionne à nouveau, faites une sauvegarde sur de nouvelles bandes. Ce qui a causé la panne ou la perte de données peut se reproduire. Une heure de perdue maintenant peut vous épargner d'autres ennuis plus tard.

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